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Maladie de Lyme : comment éviter la pandémie qui s'annonce

Phytothérapie, aromathérapie, nutrithérapie, diététique peuvent vous aider à diminuer les symptômes de la maladie et éviter les rechutes.

Encore trop mal connue, à tel point qu'elle est ignorée, voire niée par de nombreux médecins, la maladie de Lyme est une affection sournoise. Qui peut devenir chronique et vous faire vivre un véritable enfer. Les traitements naturels existent. Alors, pour ne pas "tiquer" cet été, découvrez toutes nos solutions.

Elles sont microscopiques et indolores, et pourtant elles sont devenues les pires ennemies de nos balades en forêt. À chaque retour de promenade, désormais, la même question se pose : ai-je été piqué par un de ces ectoparasites ?

Nous voilà donc contraints de nous ausculter à la loupe, pour vérifier que quelques spécimens n'ont pas élu domicile sur une jambe ou sous une aisselle. Ces créatures envahissantes, ce sont les tiques, bien sûr, qui stationnent dans les herbes attendant notre passage.

Des acariens hématophages sans yeux ni tête, mais pourvus d'un dard qui pénètre la peau tel un harpon pour se nourrir de notre sang.

Sur les 869 espèces recensées à ce jour dans le monde, quarante pullulent actuellement partout en France, dont la célèbre Ixodes ricinus, vecteur de la bactérie Borrelia, responsable de la Borréliose de Lyme (prononcez laïme). Une maladie infectieuse à évolution lente, officiellement reconnue aux États-Unis en 1975, suite à une pandémie d'arthrose juvénile inexpliquée dans la petite ville de Lyme (Connecticut), qui a poussé une équipe d'épidémiologistes de l'université de Yale, dirigée par Allen Steere, à s'intéresser au problème.

Dans l'Hexagone, selon l'agence Santé publique France, 54 647 malades auraient été recensés en 2016 (soit 84 malades pour 100 000 habitants). Des statistiques inquiétantes, qui marquent une forte augmentation, puisqu'en 2009, 29 072 cas avaient été répertoriés. L'établissement reconnaît lui-même que le diagnostic de cette maladie avait été largement sous-estimé et qu'il pourrait l'être encore près d'une décennie plus tard. Faut-il parler d'un scandale sanitaire ? Peut-être. En tout cas, d'une épidémie silencieuse dont on mesure encore mal les conséquences parfois dramatiques.

Le territoire des tiques ne cesse de s'étendre

La France n'est pas le seul pays touché, la maladie progresse même partout dans le monde. Aux États-Unis, les chiffres annoncés le 19 août 2013 par le Center for Desease Control and Prevention (organisme de contrôle et de prévention des maladies), ont fait l'effet d'une bombe : 300 000 nouveaux malades de Lyme chaque année, soit dix fois plus que les précédentes estimations. Des chiffres stables depuis lors, en tout cas officiellement, puisqu'ils pourraient en réalité être beaucoup plus élevés. À l'image de ceux de l'Allemagne où la maladie, bien identifiée, est considérée comme une pandémie avec près de 215 000 nouveaux cas déclarés annuellement.

Pourquoi une telle expansion ? À cause d'un déni persistant de la maladie notamment sous sa forme chronique, mais surtout du développement exponentiel du territoire des tiques.

Une invasion rendue possible par le réchauffement climatique (il y a vingt ans, les tiques ne résistaient pas aux froidures de l'hiver), la raréfaction de leurs prédateurs ou encore la croissance du gibier et des autres espèces qui les "hébergent".

De nos jours, les tiques sont partout, jusque dans nos jardins et les parcs de nos villes. "Vedette" de cette armée invisible, l'Ixodes ricinus, plutôt amatrice de forêt, mais qui se rapproche des centres-villes en voyageant dans les poils des rongeurs, les plumes des oiseaux ou même dans les écailles des reptiles.

Ainsi, dès le printemps et jusqu'à l'automne, vous pouvez vous-même devenir leurs hôtes en improvisant une sieste près des bambous du jardin ou en faisant un simple jogging.

Une vraie combattante qui pond des milliers d'œufs

Dès son éclosion, la tique recherche des victimes qui vont la nourrir de leur sang. Tout juste sortie de l'œuf, à l'état de larve, elle détecte un premier hôte, grâce à l'organe de Haller, son système de repérage ultra-efficace situé sur sa paire de pattes avant.

Lors de ce premier repas, des microbes véhiculés par son hôte (rongeurs, cervidés, oiseaux, etc.) l'infectent (voir le schéma ci-contre). Devenue une nymphe contagieuse, elle se met en quête d'un deuxième hôte (animal ou humain), qu'elle pique pour se nourrir au risque de transmettre ses microbes.

Adulte, la tique femelle, après l'accouplement, trouve enfin un troisième hôte (animal ou humain) qu'elle va contaminer avant de se détacher pour pondre ses milliers d'œufs et mourir. Heureusement, toutes les tiques ne sont pas porteuses d'une bactérie : selon les régions françaises, la proportion varie de 10 à 40 %. Et parmi les personnes piquées et infectées, certaines développeront seulement une maladie bénigne ou resteront porteuses saines.

De la simple rougeur à la maladie grave

- La phase aiguë ou primaire. Les premiers symptômes sont assez semblables à ceux d'une grippe, généralement associés à la présence d'un érythème migrant (halo rouge caractéristique sur la peau), considéré comme révélateur de l'infection. Dans la moitié des cas, cet érythème passe inaperçu (1).

- La phase secondaire. Quelques semaines après la piqûre, des douleurs articulaires et musculaires surgissent, qui peuvent empêcher de courir, voire de marcher. Crampes, épuisement, toux, palpitations cardiaques, picotements, raideurs du cou, paralysies : au total plus de 46 symptômes différents peuvent s'exprimer.

- La phase tertiaire. Non ou mal traitée, la bactérie provoque à ce stade des troubles neurologiques, la maladie pouvant même "mimer" une sclérose en plaques, une maladie de Parkinson, un lupus ou une polyarthrite rhumatoïde. (2)

Un diagnostic trop souvent minimisé

En vous piquant, une tique Ixodes ricinus peut vous transmettre, de manière absolument indolore, la Borrelia burgdorferi, principale bactérie identifiée comme responsable de la maladie de Lyme.

Un érythème migrant se manifeste généralement sur la peau, autour du point de morsure, quelques jours après la contamination. Mais il n'est pas forcément détecté par la victime.

Les jours passent et des symptômes - fatigue, fièvre, douleurs articulaires, troubles cardiaques - peuvent se déclencher plusieurs semaines plus tard, sans que les médecins ne soient en mesure de faire le lien avec la maladie. Elle peut alors prendre une forme chronique invalidante et douloureuse, de plus en plus difficile à traiter.

Une problématique confirmée par le professeur Christian Perronne, spécialiste français de cette infection, qui a mis l'accent sur ces risques graves dans un article publié dans le "Frontiers Journal" et surtout dans son ouvrage "La vérité sur la maladie de Lyme" (Editions Odile Jacob, 3).

Avant d'être diagnostiqué Lyme, vous courez le risque d'errer de cabinet médical en services hospitaliers pendant des mois, voire des années. Sans compter que vos symptômes peuvent être purement et simplement réfutés. "C'est psychologique", vous dira-t-on. Une hérésie pour ceux qui souffrent bel et bien au quotidien et cherchent en vain des réponses à leurs douleurs et à leurs questions.

Des conditions de diagnostics et de traitements inacceptables, c'est la conviction des malades regroupés au sein de l'association Le Droit de guérir (ledroitdeguerir.com), qui ont décidé de porter plainte contre les autorités de santé publique pour non-assistance à personne en danger.

Ne pas négliger les co-infections

Hélas, face à cette maladie protéiforme, même un bon diagnostic suivi d'une première cure d'antibiotiques ne suffit pas forcément à soigner la victime infectée par des tiques. Elle peut même être considérée comme guérie de Lyme, alors même que son organisme organise la résistance aux médicaments et que la maladie continue à se développer.

Selon les chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), d'autres microbes connus ou inconnus pourraient être transmis par les tiques et s'avérer responsables des symptômes de Lyme. Il pourrait aussi y avoir co-infection entre les bactéries responsables de la maladie de Lyme et d'autres microbes, parasites ou virus résistants au traitement antibiotique prescrit. Certains malades peuvent donc souffrir de co-infections, contractées en même temps que la borreliose. Parmi elles, la babésiose, proche du paludisme, qui fait monter la fièvre en flèche ; la maladie de la griffe du chat ou bartonellose aux conséquences neurologiques ou plus rarement la tularémie, détectable aux ulcères à répétition.

"C'est en 1998 que m'est venue la notion d'un syndrome infectieux multisystémique (SIMS), se souvient le docteur Horowitz, spécialiste américain de la maladie, dans son livre témoignage "Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées" (Editions Thierry Souccar). J'ai ainsi répertorié seize maladies susceptibles de subvenir en même temps que Lyme. J'ai aussi établi un lien entre les intoxications aux métaux lourds (mercure, plomb, arsenic, cadmium) et les symptômes de nombreux patients." Pour l'heure, les données restent très insuffisantes au sujet des co-infections. Un rapport d'analyse de toutes les données disponibles a été publié aux États-Unis, qui souligne que les tests ne sont pas fiables ou inexistants pour certaines bactéries ou parasites souvent associés et qu'aucune étude satisfaisante n'a permis jusqu'à aujourd'hui d'évaluer les stratégies de traitement (4).

"La recherche fait encore cruellement défaut, alerte le professeur Perronne. Il faut réunir rapidement des fonds pour trouver enfin des solutions contre la maladie de Lyme."

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Que faire si une tique vous a ciblé ?

Avant d'aller vous balader en forêt ou dans les herbes hautes, prenez vos précautions...

- Portez des vêtements couvrants, des chaussettes, un chapeau et pulvérisez un répulsif anti-tique.

- Au retour, inspectez-vous de la tête aux pieds : les tiques adorent se cacher dans les replis de la peau ou même dans les cheveux ou derrière les oreilles.

- Procédez à l'extraction de l'animal le plus vite possible si vous avez été mordu. Plus vous attendrez, plus la tique diffusera ses agents pathogènes.

- N'essayez pas d'endormir la tique avec un antiseptique (éther, alcool) avant de l'extraire. Vous risquez d'accroître les risques d'infection, la tique vomissant alors ses bactéries sous la peau.

- Effectuez l'extraction au moyen d'un tire-tique (vendu en pharmacie). Engagez le crochet en abordant la tique sur le côté, puis tournez lentement dans le sens des aiguilles d'une montre, sans tirer, jusqu'à ce qu'elle se décroche doucement.

- Désinfectez abondamment la plaie. Vous pouvez également appliquer trois fois par jour et durant une dizaine de jours un peu d'huile essentielle de lavande aspic ou prendre un traitement préventif à base d'extrait de pépins de pamplemousse durant deux semaines.

- Surveillez votre peau un mois durant, une réaction cutanée pouvant révéler une maladie de Lyme.

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Le guide des boucliers anti-Lyme

Phytothérapie, aromathérapie, nutrithérapie, diététique peuvent vous aider à diminuer les symptômes de la maladie et éviter les rechutes.

- Détoxifier l'organisme. Pour qu'un traitement fonctionne, il faut nettoyer le terrain. Priorité dans le cas de la maladie de Lyme, purger le corps des métaux lourds qui empêchent de guérir. Plomb, cadmium, fer, cuivre, mercure (6) et parfois aluminium (un métal léger) sont incriminés. Judith Albertat, malade Lyme chronique et thérapeute, propose plusieurs solutions douces : la prise de spiruline, klamath ou chlorella, algue d'eau douce, associée à la prise d'enzymes fermentés en cascade (lire "Les solutions naturelles pour soigner Lyme", éd. Thierry Souccar). Autre alternative, le complexe Toxic Metal Detox (65 € les 60 gélules pour une cure de 30 jours), composé de chlorella, mais aussi de glutathion, substance naturellement produite par le foie, qui a la capacité de se lier aux métaux lourds et de favoriser leur élimination (7).

- Les huiles... essentielles contre la borreliose et ses co-infections. Durant quinze ans, Bernard Christophe, pharmacien spécialisé en phytothérapie décédé en décembre 2016, a proposé le Tic Tox, un complexe à base d'huiles essentielles (sarriette, sauge officinale, niaouli, etc.). Un traitement plébiscité par de nombreux malades en errance, mais qui lui avait valu une condamnation car il ne disposait pas d'autorisation de mise sur le marché. Aujourd'hui encore, certains malades n'hésitent pas à se rendre en Allemagne pour se procurer le complexe.

Autre piste, une étude menée aux États-Unis en 2017 par des chercheurs de l'Université Johns-Hopkins de Baltimore qui a démontré que cinq huiles essentielles - l'origan, la cannelle, le clou de girofle, la citronnelle et la menthe - étaient chacune plus efficaces que la daptomycine, un médicament actif sur la Borrelia burgdorferi. "Certains malades répondent également bien aux gouttes d'extraits de pépins de pamplemousse", précise le professeur Perronne (8). Judith Albertat préconise la forme diluée de ce bactéricide reconnu (Bio-Citrucid bio, 30 € les 250 ml).

- Combler les carences en vitamines et oligo-éléments. Comme toutes les infections, la maladie de Lyme épuise nos réserves. Là encore, les docteurs Horowitz, Perronne et Albertat ont constaté que les malades étaient généralement déficients, ou même carencés en vitamines D, B9 et B12, voire en vitamine A et en zinc. Un bilan vitaminique et une analyse d'oligo-éléments s'imposent pour rééquilibrer les apports si besoin.

- Revoir son alimentation de fond en comble. Adieu aliments ultra-transformés et fast-food ! Le régime méditerranéen, à base de fruits, légumes, poisson, huile d'olive est un bon point de départ. Pour aller plus loin, optez pour le régime GAPS de la neurologue américaine Natasha Campbell. Il consiste à supprimer pendant six à douze mois tous les aliments industriels, l'alcool qui aggrave les symptômes, la charcuterie, les produits laitiers, toutes les sucreries et pâtisseries et l'huile de tournesol. Cette réforme alimentaire permet de calmer l'inflammation tout en participant à la reconstruction du système digestif. Elle peut être complétée par la prise de plantes anti-inflammatoires (gemmothérapie de cassis, curcumine sans pipérine, harpagophytum) et de probiotiques. Et quel que soit le régime adopté, il faut consommer 1 à 2 fruits bio par jour et privilégier les légumes bio sous toutes leurs formes (crus, cuits, jus à l'extracteur), les huiles végétales (olive, colza, coco) et des protéines animales (œuf, poisson, viande blanche)...

À quand le vaccin ?

Dr Christian Perronne, infectiologue à l'hôpital de Garches (92) nous répond : "Le vaccin développé chez l'homme a été abandonné il y a une dizaine d'années car il n'était pas concluant. Il n'y aura pas de vaccin de si tôt, même si beaucoup prétendent que ça arrive. En effet, il faudrait un vaccin pour chaque espèce de Borrelia concernée, car la burgdorferi n'est pas la seule à être en cause dans la maladie de Lyme."

Déclarez vos piqûres de tiques

Lancé par l'Inra, le projet Citique vous permet de déclarer vos piqûres de tiques, ainsi que celles de vos animaux de compagnie et de collecter ces acariens. Ces données seront étudiées pour déterminer les nouvelles espèces de tiques et les infections qu'elles concentrent. Objectif : établir de nouveaux traitements, un vaccin et des tests plus efficaces.

Téléchargez l'application ou déclarez vos piqûres ici.

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Sources :

(1) TE, A.C, Craft, J.E, Sigal, L.H, et al : the early clinical manifestations of Lyme disease. Ann Intern Med. July 1983 ; 99 (1) : 76-82.

(2) Grankvist A., Andersson P.O., Mattsson M., Sender M., Vaht K., Höper L. et al., "Infections with the tick-borne bacterium "Candidatus Neoehrlichia mikurensis" mimic noinfectious conditions in patients with B cell malignancies or auto-immune diseases", Clin. Infect. Dis, 2014, 58 (12), p. 1716-1722.

(3) Le professeur Perronne exerce au sein de l'Unité des maladies infectieuses, Hôpitaux Universitaires de Paris-Ile de France-Ouest, Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines, Garches, France.

Perronne C, "Critical review of studies trying to evaluate the teatment of chronic lyme Desease", Presse Med. 2015, 44 (7-8), P.828-831

(4) www.hhs.gov/ash/advisory-committees/tickbornedisease/reports

(5) Feng J., Shi W., Zhang S., Zhang Y., "Persister mechanisms in Borrelia burgdorfera : Implication For improved intervention", Emerg. Microbes Infect., 2015, 4 (8), e51 ; Feng J. Auwaerter P.G., Zhang Y ;, "Drug combinations against Borrelia burgdoferi persisters in vitro : Eradication achieved by using daptomycin, cefoperazone and doxycycline", PLoS ONE, 2015, 10 (3), e0117207

(6) Clarkson, T.W et all : The toxicology of mercury and its chemical compounds, Critical Review in Toxicology, 2006 ; 36 : 609-62

(7) Mercury toxicity and antioxydants. Part 1 : Role of glutathione and alpha-lipoic acid in the treatment in the treatment of mercury toxicity. Altern Med. Rev. December 7,2002 ; 6 : 456-71

(8) Brorson O., Brorson S.H., "Grapefruit Seed extract is a powerful in vitro agent against motile ans cystic forms of Borrelia burgdorferi sensu lato", Infection, 2007, 35 (3), P 206-208.

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