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Épigénétique : nos gènes seraient-ils donc influençables ?

L'épigénétique est la science qui montre que les gènes ne s'autocontrôlent pas, mais qu'ils sont contrôlés par l'environnement.

Notre ADN ne serait pas omnipotent... Nous pourrions même modifier l'expression de nos gènes pour améliorer notre vie et celle de nos descendants. Voilà ce qu'affirment les tenants de l'épigénétique, qui consiste à étudier les changements provoqués dans l'activité des gènes par l'environnement de chacun. Décryptage d'une discipline qui ouvre des perspectives révolutionnaires.

On a longtemps cru que nous étions des automates génétiques, que les gènes contrôlaient notre vie, que nous en étions les victimes. L'épigénétique est la science qui montre que les gènes ne s'autocontrôlent pas, mais qu'ils sont contrôlés par l'environnement. » C'est par cette citation extraite de l'ouvrage d'un biologiste cellulaire (1), que débute "L'épigénétique, une révolution dans votre vie", ouvrage signé Isabelle M. Mansuy, Jean-Michel Gurret et Alix Lefief-Delcourt (2).

Volontiers provocateur, son sous-titre injonctif - "Reprenez le contrôle de vos gènes" - invite à remettre en question la toute-puissance de la génétique. Pendant longtemps, les scientifiques ont cru en effet que l'Homme était le fruit d'un code génétique figé, transmis d'une génération à l'autre, et qu'il était quasiment imperméable aux facteurs extérieurs. Mais la fin du règne de ce "déterminisme génétique"  approche. L'observation et les recherches menées ces dernières décennies ont montré que le matériel génétique contenait beaucoup plus d'informations que celles inscrites dans les seuls gènes. "C'est la différence qui existe entre la génétique (le code génétique) et l'épigénétique (ce qu'il y a au-delà des gènes, "épi" signifiant "sur", "au-dessus"). Ce constat a élargi le champ de la biologie et offert un nouveau cadre conceptuel qui remet en question le dogme central de la génétique, prévalant depuis plus d'un siècle", expliquent les auteurs en introduction.

L'Homme a cinq fois moins de gènes que prévu

Bien sûr, « ce dogme a encore la peau dure, la génétique a obscurci la complexité de la machine humaine », remarque Isabelle M. Mansuy. Et cette professeure en neuroépigénétique à la Faculté de médecine et à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, de déplorer que même chez les plus grands chercheurs, on compte de nombreux profils très conventionnels. « Tant que les programmes universitaires n'intégreront pas un cursus sur l'épigénétique, il sera difficile de faire bouger les mentalités », nous explique-t-elle, avant d'ajouter qu'elle ne comprend pas, cependant, comment on peut encore faire fi de cette discipline dont la portée s'est révélée en avril 2003.

Alors que l'on s'attendait à trouver 100 000 gènes, le séquençage du génome humain en a révélé à peine 20 400 ! Ainsi, seul 1 % des séquences du génome est traduit en protéines, les 99% restants ne jouent aucun rôle dans la fabrication de ces briques du vivant. Ce constat a contraint les chercheurs à s'interroger sur les fonctions du reste de l'ADN jusqu'alors considéré comme de l' « ADN poubelle ».

« Ce résultat inattendu a amené à conclure que la complexité de l'Homme réside ailleurs que dans le nombre de ses gènes, c'est-à-dire vraisemblablement dans la manière dont ces gènes sont lus et utilisés, dans ce qu'ils produisent, et comment ils interagissent », justifie Isabelle M. Mansuy.

L'épigénétique démontrée par les abeilles ou les crocodiles

De nombreux biologistes savaient pourtant depuis fort longtemps qu'il suffit d'observer la nature pour se convaincre de la puissance de l'épigénétique. Le cas des abeilles est à ce titre particulièrement révélateur : bien qu'elles aient des caractéristiques physiques très différentes, la reine - seule femelle à être fertile - et les ouvrières ont le même ADN. Les recherches effectuées dans les années 1950 ont permis de comprendre que c'est le mode d'alimentation, c'est-à-dire une propriété acquise et non innée, qui est responsable de ces divergences. Contrairement aux ouvrières, la reine est nourrie toute sa vie avec de la gelée royale. Des exemples comme ceux-ci, il en existe beaucoup d'autres dans le règne animal. Les crocodiles et les tortues, par exemple, ne naissent pas mâles ou femelles, ils le deviennent en fonction de la température ambiante.

Isabelle M. Mansuy a choisi de concentrer ses recherches sur des souris ayant subi un traumatisme précoce. Ses travaux (3) ont montré que certains symptômes dépressifs, comportements antisociaux et à risque, troubles de la mémoire, et même des altérations du métabolisme (en particulier hypoglycémie et dyslipidémie) pouvaient être transmis jusqu'à la quatrième génération ! (4) « La séquence des gènes des descendants de souris traumatisées est normale, mais leur activité est altérée à cause de changements épigénétiques qui peuvent être transmis, au même titre que les caractères génétiques, via les cellules germinales », résume l'enseignante-chercheuse. Bonne nouvelle, toutefois, contrairement aux mutations génétiques, les changements épigénétiques ne sont pas une fatalité et peuvent même être corrigés. Une étude conduite en 2016 par l'équipe d'Isabelle M. Mansuy (5) a mis en évidence qu'un milieu de vie enrichi pouvait empêcher les effets néfastes des traumatismes.

« De façon étonnante, ces effets bénéfiques sont également visibles chez la progéniture. Les petits de mâles traumatisés puis mis dans un milieu enrichi ont des comportements normaux et un épigénome sain. Cela signifie donc bien qu'il y a eu correction et amène à conclure que les mécanismes épigénétiques sont effectivement dynamiques. »

La maladie ne serait donc plus une fatalité

Pour le psychothérapeute Jean-Michel Gurret, ces découvertes ouvrent un champ nouveau dans le domaine de la guérison. « On va enfin pouvoir sortir du côté fataliste de la maladie en intervenant directement sur notre environnement» , résume-t-il avant de poursuivre sur la question de l'activité électrique du corps. Ce spécialiste de psychologie énergétique et d'EFT (technique de libération émotionnelle) affirme que lorsque l'on intervient sur le champ électromagnétique en effectuant des stimulations manuelles sur certains points précis (chakras et méridiens), on peut agir sur des modifications biologiques intervenues au moment de l'événement traumatique. « Des changements du niveau d'expression de gènes spécifiques ont été mesurés après un traitement en EFT, suggérant ainsi le potentiel épigénétique dudit traitement (6) », souligne le praticien.

Ce qu'on dit, pense ou ressent influencerait notre adn

La fondatrice de la psychobiologie quantique, Pascale de Gail Athis, va encore plus loin. Pour cette chercheuse, la cellule serait l'interface d'une « réalité physique manifestée pouvant transformer une vibration en un vécu significatif  » . Autrement dit, les cellules participeraient à une réalité émotionnelle et réagiraient instantanément aux pensées qui ont, elles aussi, une force électromagnétique...

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(1) "Biologie des croyances - Comment affranchir la puissance de la conscience, de la matière et des miracles" de Bruce H. Lipton, Ariane Publications, 2016.

(2) Larousse, avril 2019

(3) Implication of sperm RNAs in transgenerational inheritance of the effects of early trauma in mice - Nature Neuroscience volume 17, pages 667-669 (2014)

Epigenetic Inheritance of Disease and Disease Risk - Neuropsychopharmacology volume 38, pages 220-236 (2013)

Epigenetic inheritance in mammals: Evidence for the impact of adverse environmental effect - Neurobiology of Disease - Volume 39, Issue 1, July 2010, Pages 61-65

Epigenetic Transmission of the Impact of Early Stress Across Generations - Biological Psychiatry Volume 68, Issue 5, 1 September 2010, Pages 408-415

(4) Concentration anormalement élevée ou diminuée de lipides dans le sang.

(5) K. Gapp, J. Bohacek, J. Grossmann, A. M. Brunner, F. Manuella, P. Nanni, I. M. Mansuy, « Potential of Environmental Enrichment to Prevent Transgenerational Effects of Paternal Trauma », Neuropsychopharmacology, 41:2749-58, 2016.

(6) D. Church et al., « Epigenetic Effects of PTSD Remediation in Veterans Using Clinical Emotional Freedom Techniques: A Randomized Controlled Pilot Study », American Journal of Health Promotion, vol. 32, n° 1, janvier 2018, p. 112-122.

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