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Décontractant, antitussif, antiulcéreux... six nouveaux médicaments à éviter

La revue Prescrire a ajouté six substances à sa liste noires des médicaments “à écarter”.

Chaque début d'année depuis sept ans, la revue Prescrire dévoile la liste des médicaments dont la balance bénéfices-risques n'est pas à l'avantage des malades. En 2019, six spécialités ont été ajoutées.

"Aider à choisir des soins de qualité, ne pas nuire aux patients et éviter des dommages disproportionnés". Tel est l'objectif de la revue Prescrire (1) à travers la publication de son bilan annuel des médicaments à écarter pour mieux soigner.

Établie à partir d'une procédure rigoureuse (2), la liste 2019 comprend 93 médicaments, dont 82 sont commercialisés en France.

Six substances dont deux constitutives de médicaments « best-sellers » ont été ajoutées sur cette liste noire :

1- L'oxomémazine (Toplexil, Humex toux sèche et génériques), un antitussif antihistaminique H1 bien connu des familles. Les sirops qui en contiennent peuvent aussi entraîner somnolence et baisse de la vigilance, troubles de la mémoire ou de la concentration, vertiges, tremblements, confusion, sécheresse de la bouche, troubles de la vue, rétention d'urine, constipation, etc.

2- La méphénésine (Décontractyl en comprimés, Décontractyl en baume), « myorelaxant » prescrit pour lutter contre les contractures musculaires douloureuses. Compte tenu de son efficacité, pas supérieure à celle d'un placebo, ses effets indésirables - somnolences, vomissements, etc. - sont disproportionnés. Même en version baume, cette substance peut provoquer de graves atteintes de la peau.

3- L'ulipristal 5mg (Esmya), utilisé dans le traitement des fibromes utérins, "expose à des atteintes hépatiques graves, pouvant conduire à des transplantations".

4- Le trinitrate de glycéryle en application locale (Rectogesic), utilisé dans les fissures anales ; et pas plus efficace qu'un placebo mais susceptible d'entraîner des maux de tête fréquents.

5- L'acide obéticholique (Ocaliva), indiqué en cas de cirrhose biliaire primitive, "n'améliore pas l'état de santé des patients". Pire, il "aggrave souvent les principaux symptômes de la maladie tels le prurit ou la fatigue et semble exposer à des effets indésirables hépatiques graves."

6- La cimétidine (Cimétidine Mylan ou autre), un antiulcéreux autorisé pour des troubles, type brûlures d'estomac et renvois acides. La cimétidine expose à des interactions indésirables avec de très nombreux médicaments contrairement à d'autres substances de la même famille des antihistaminiques H2, telle que la ranitidine.

La revue indépendante met aussi en garde contre les médicaments pour soigner le rhume notamment les vasoconstricteurs qui décongestionnent par voies orale ou nasale (l'éphédrine, la naphazoline, l'oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine contenue dans une dizaine de médicaments et le tuaminoheptane) : ils exposent à un risque de troubles cardiovasculaires graves voire mortels (poussées d'hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque).

Vous voilà prévenus...

Bonus

Deux bons élèves

Ce bilan annuel permet aussi de récompenser une ou plusieurs substances apportant des progrès thérapeutiques majeurs (les fameuses « Pilules d'or » ; en 2019, aucune n'a été décernée, ndlr) ou tout simplement des médicaments pour leur efficacité et facilité d'usage. Cette année, deux médicaments à base de naxolone - Nalscue et Prenoxad - ont été récompensés.

En cas de surdoses d'opioïdes (antalgiques dérivés de l'opium, délivrés sur ordonnance en pharmacie, ndlr), la naxolone peut sauver le patient. Les deux médicaments permettent aux usagers de s'administrer eux-mêmes la substance, sous forme de spray nasal (Nalscue) ou d'une seringue pour injection intramusculaire (Prenoxad). Plus besoin donc d'attendre (parfois trop longtemps) un rendez-vous avec un professionnel de santé.

(1) prescrire.org

(2) « Ce bilan porte sur les médicaments dont l'analyse détaillée a été publiée dans Prescrire au cours des années 2010 à 2018, soit neuf années. Il s'agit d'analyses de nouvelles spécialités pharmaceutiques, de nouvelles indications, de suivis d'évaluation, tant sur les effets indésirables que sur les données d'efficacité, et parfois de réactualisations de données concernant certains effets indésirables d'un médicament. »

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