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Allergies aux pollens printemps-été 2019 : votre plan d'action

Les allergies dues aux agents extérieurs tels les pollens représentent 80% du total.

Nez qui coule telle une rivière, éternuements à répétition, démangeaisons à rendre fou : pour 10 à 20 % des Français, le printemps ce n'est pas seulement le réveil de la nature, c'est d'abord celui de leurs allergies.

« Enfin l'printemps ! », chantait Édith Piaf dans les années 1950, le beau printemps « tout fleuri de lilas » et débordant d'amour. « Entends comme ça chahute / Dans tous les palpitants... »

Malheureusement, ce n'est pas seulement dans les cœurs que le printemps provoque des chahuts. Mais aussi dans notre système immunitaire.

Du reste, ces deux réveils - la nature et les allergies - sont étroitement liés l'un à l'autre. C'est comme dans un couple, au fond : si, au petit matin, l'un se met à s'agiter dans le lit conjugal, immanquablement l'autre est tiré de son sommeil. L'agitation de la nature, ce sont tous ces végétaux - arbres, plantes, fleurs - qui, impatients de se reproduire, se mettent à pulser leurs pollens à tout va dans l'atmosphère.

Pollens et autres « agents secrets » sont à l'origine de 80 % des allergies

Et c'est bien là le « hic ». Car les allergies dues aux agents extérieurs tels que les pollens représentent plus de 80 % du total de ces manifestations. Pour toutes les personnes allergiques, les premiers vols en escadrille invisible de ces pollens marquent le début de ce qu'on appelle depuis toujours le rhume des foins.

Comme si ça ne suffisait pas, il faut compter aussi avec les conjonctivites, les maux de tête, les affections du derme, la diminution de l'odorat et du goût, etc. Bien sûr, on sait que ce ne sont pas des maladies graves et que, au bout du compte, « ça va passer tout seul ».

Mais souvent, ce « bout du compte » se fait fâcheusement attendre. Car si environ 40 % des allergiques aux pollens voient leurs symptômes pénibles s'atténuer puis disparaître en moins de six semaines (et c'est déjà très long !), pour les autres, la gêne peut durer jusqu'à trente semaines voire davantage.

Raison de plus pour tout faire afin de se protéger de ces maudites allergies. D'autant que le phénomène ne risque pas de s'évanouir tout seul comme par enchantement : depuis les années 1980, le nombre de Français allergiques a plus que doublé ! Mais, avant d'examiner quelles sont nos armes pour lutter contre, il convient de bien savoir de quoi nous parlons.

C'est-à-dire de répondre à la question : l'allergie, qu'est-ce que c'est au juste ?

Quand notre corps s'invente des ennemis

On pourrait dire qu'une allergie, c'est l'organisme qui veut trop bien faire. Cela ressemble à un paradoxe, mais c'est pourtant ce qui se passe.

Lorsque les pollens arrivent par la voie des airs, le corps des personnes allergiques a l'impression d'être attaqué par de féroces microbes, d'implacables virus. Que fait-il alors ? Il met en batterie toutes ses armes pour s'en débarrasser : il nous contraint à éternuer pour nettoyer nos poumons, il fabrique du mucus en abondance pour laver nos fosses nasales, il produit des larmes à pleins baquets pour assainir nos yeux. Tout cela pour anéantir des ennemis... qui en réalité n'en sont pas ! Ou plutôt, qui n'en était pas au départ, mais qui tendent à le devenir de plus en plus.

Car si les personnes allergiques sont de plus en plus nombreuses, c'est que la pollution aggrave le phénomène. Comment ? D'une part en modifiant la composition de certains pollens, ce qui les rend plus agressifs. D'autre part, l'augmentation de la quantité de CO2 dans notre atmosphère pousse les plantes à produire davantage de pollen. Par exemple, un pied d'ambroisie qui en produisait 5,5 g il y a encore vingt ans en lâche désormais le double dans l'air.

Comment les pollens ont muté pour devenir des polluènes

Mais il y a pire encore : les particules protéiques des pollens ont tendance à s'agréger à certaines particules fines, notamment celles dégagées par les moteurs diesel. Ils forment alors des sortes de pollens mutants, que les spécialistes ont baptisés du nom fort explicite de polluènes.Lesquels mutants pénètrent plus facilement et plus profondément dans nos bronches mais aussi dans nos intestins. Ce qui explique en grande partie l'augmentation régulière du nombre de personnes allergiques aux pollens.

Oui, mais alors quand faut-il se mettre en ordre de bataille contre les allergies ? La réponse tient en deux mots : dès maintenant !

Commencez dès aujourd'hui à vous protéger

En effet, les premiers pollens sont libérés avant même l'arrivée du printemps, c'est-à-dire dans la première quinzaine de mars. Et si, comme c'est le cas cette année, on bénéficie d'un mois de février doux et ensoleillé, alors c'est depuis la seconde quinzaine du mois le plus court de l'année que les « fauves » ont été lâchés !

Ainsi, autour de la Méditerranée, le risque est d'ores et déjà de niveau très élevé, pour ce qui concerne les pollens de cyprès, et élevé pour ceux de frêne. Dans le Sud-Ouest, le risque est de niveau élevé pour les pollens de cyprès, moyen pour les pollens d'aulne et de noisetier et faible pour les pollens de graminées et de peuplier. Dans le reste de la France, ce sont essentiellement les pollens de noisetier et d'aulne qui sont responsables d'un risque d'allergie, variant entre le niveau moyen et le niveau élevé (départements du Centre-Est).

Bref, il n'est pas trop tard mais il est temps d'agir.

Premier mode d'action, la prévention. Elle est basée sur un principe élémentaire : pour éviter d'être agressé par les pollens allergisants, le plus simple est de ne pas les laisser s'approcher.

On commencera par aérer sa maison quotidiennement. On veillera à porter des lunettes de soleil pour protéger ses yeux et à ne pas faire sécher son linge dehors, afin d'éviter que les pollens s'y fixent. Voilà autant de gestes simples qui permettent de limiter le contact avec les allergènes.

Il vous est aussi conseillé de conduire avec les fenêtres fermées pour empêcher les pollens d'entrer dans votre voiture, de vous laver les cheveux avant de vous coucher, pour ne pas déposer de pollens agressifs sur votre taie d'oreiller ou encore d'éviter de tondre la pelouse.

D'autre part, sachez que certains irritants, telle la fumée de tabac, peuvent amplifier les symptômes d'allergies.

Tous ces conseils de bon sens vont vous aider à éloigner les pollens et, donc, à faire baisser les risques d'allergies. Les faire baisser mais, hélas, pas les supprimer complètement.

Que faire alors si l'allergie est bel et bien là, qu'elle revient à chaque printemps vous empoisonner la vie, et même qu'elle s'aggrave au fil des ans ?

Désensibilisez-vous... pour l'année prochaine

Nous disposons de deux types de traitements médicamenteux pour contrer les allergies aux pollens : les premiers qui agissent sur les symptômes et les seconds qui s'en prennent à la cause de l'allergie. Le traitement va bien entendu dépendre des symptômes et de l'environnement spécifiques de la personne allergique. Il se compose souvent d'antihistaminiques et de traitements locaux tels que du collyre et des gouttes nasales. Le problème des antihistaminiques, surtout si votre médecin vous les prescrit toute l'année, c'est qu'ils ont tendance à provoquer des somnolences.

Si ces traitements ne suffisent pas à vous soulager, il reste une dernière piste, la désensibilisation. Un traitement de fond, qui dure environ trois ans et s'attaque à la cause même de l'allergie. Dans près de 80 % des cas, l'amélioration est nette. Il arrive même que certains patients ne rechutent jamais.

En quoi consiste cette désensibilisation ? Il s'agit de faire prendre au patient de petites doses de l'allergène incriminé, sous la forme soit de comprimés à placer sous la langue, soit de gouttes ou encore d'injections. La désensibilisation impose un suivi médical régulier. L'objectif est d'habituer l'organisme à être en contact avec la cause de l'allergie, de le rendre plus tolérant et, donc, de diminuer les symptômes, voire de les faire disparaître dans le meilleur des cas.

Notez bien que la désensibilisation, encore appelée immunothérapie spécifique, peut très bien s'appliquer aux enfants dès l'âge de 5 ans, notamment en cas de rhinite ou d'asthme. Car, dans le cas des allergies infantiles, c'est une lourde erreur de penser que « ça va passer avec l'âge » : non seulement ça ne passera pas, mais ça va certainement s'aggraver. En règle générale, les bénéfices de la désensibilisation apparaissent dès la première année de traitement, ce qui est bien sûr encourageant pour la suite.

Malheureusement, comme le printemps est pratiquement là, et que les pollens ont déjà commencé à virevolter sous votre nez et devant vos yeux qui ne les voient pas, la désensibilisation ne vous sera d'aucun secours pour cette année. Pour la prochaine, oui, si vous vous y mettez maintenant.

Dans ce cas, il vous reste à combattre les symptômes eux-mêmes, et à les combattre avec des armes naturelles.

Des alliés naturels... contre les cadeaux empoisonnés de la nature

-En cas d'allergie aux pollens, le sérum physiologique est votre premier allié naturel. N'hésitez pas à l'utiliser abondamment en lavement, aussi bien pour votre nez que pour vos yeux.

Sinon, connaissez-vous la quercétine ? Il s'agit d'un flavonoïde, un de ces pigments qui donnent leurs différentes couleurs aux végétaux. Cette précieuse quercétine a un gros potentiel antiallergique, puisqu'elle inhibe la production d'histamine, qui provoque gonflement des muqueuses respiratoires et dilatation des vaisseaux sanguins. Et la quercétine, disponible sous forme de gélules dans les boutiques bios, est encore plus efficace quand on l'associe à la vitamine C.

- Un auxiliaire plus étonnant : l'œuf de caille. C'est dans l'albumen, le blanc de l'œuf, que l'on trouve l'ovomucoïde, puissant inhibiteur de la trypsine humaine, qui joue un rôle essentiel dans le phénomène allergique.

- La nigelle et le plantain sont deux plantes qui, par ses graines pour la première et ses feuilles pour le second, vous aideront à mieux combattre l'allergie par leurs effets immunomodulateur (la nigelle) et antihistaminique (le plantain).

- Ces remèdes-là seront d'autant plus efficaces que votre système immunitaire sera, dès le début de la saison des pollens, en parfait ordre de marche. Et quand on dit système immunitaire, on pense en premier lieu aux intestins. Et, eux, ce qu'il leur faut, c'est un taux suffisant d'oméga-3, ce qui est rarement le cas avec notre alimentation moderne.

La première chose à faire pour y remédier, vous la connaissez sûrement déjà : il faut consommer davantage de poissons gras (sardine, maquereau, hareng, anchois, etc.) Et, pour ceux qui ne raffolent pas du poisson, voici deux précieuses « béquilles » : l'huile de krill et l'huile de Périlla.

Le krill est un minuscule crustacé se nourrissant de phytoplanctons. Des études ont montré qu'il avait le pouvoir de renforcer les muqueuses humaines et d'aider au fonctionnement de notre système immunitaire, en contrôlant les excès inflammatoires. De plus, il est riche en antioxydants. Quant à la périlla, ses graines fournissent la plus riche en oméga-3 de toutes les huiles végétales. Ces deux produits sont disponibles en gélules, dans les boutiques spécialisées.

- Autres remèdes en cas d'allergie : la tisane d'ortie et de menthe poivrée. Ou encore, tout simplement, ce bon vieux jus d'agrumes frais, très riche en vitamine C, qui possède une action antihistaminique naturelle.

L'aromathérapie anti-allergie

N'oubliez pas les vertus des huiles essentielles contre :

- Les éternuements à répétition. Vous mélangerez, dans un flacon de 20 ml, 50 gouttes d'huile essentielle de camomille matricaire, 20 gouttes d'huile essentielle d'eucalyptus citronné et 20 gouttes d'huile essentielle de lavande fine. Vous compléterez votre flacon avec de l'huile de macadamia, très bien absorbée par l'épiderme et recommandée aux peaux fragiles. Durant trois à quatre jours, vous appliquerez quatre fois par jour 20 gouttes de votre mélange sur votre poitrine en massant soigneusement.

- Le nez bouché : toujours dans un flacon de 20 ml, mélangez 30 gouttes d'huile essentielle de camomille matricaire avec autant de gouttes d'huile essentielle de pin des montagnes, puis complétez avec de l'huile de noyau d'abricot, très nourrissante pour la peau. Ensuite, trois à quatre fois par jour, vous verserez 20 gouttes de ce mélange dans votre paume, avant de l'appliquer sur les ailes de votre nez et sous vos narines. En cure de trois semaines maximum.

- Enfin, le dernier conseil que l'on peut donner risque de faire sursauter quelques-uns parmi vous : ne soyez pas trop propres ! Le conseil vaut en priorité pour les enfants : il a été démontré que ceux qui grandissent au contact des animaux, de la terre, des insectes, des plantes et de leurs pollens, ont nettement moins de risques de souffrir plus tard d'allergies, que ceux qui auront toujours vécu dans un milieu aseptisé.

De même, les aliments fermentés, les produits laitiers non pasteurisés, les fruits et légumes non traités les rendront plus résistants aux allergies.

Des études ont ainsi montré que les enfants d'âge scolaire buvant du lait cru voyaient leur risque de rhume des foins diminuer de moitié, par rapport à leurs petits camarades ne connaissant que le lait UHT.

Une fois devenus adultes, ils seront nettement mieux armés pour affronter les pollens du printemps. Ils pourront même aller sans trop de crainte, comme dans la chanson de Piaf, « dormir sur l'herbe en écoutant tinter les muguets » !

Bonne santé !

La rédaction du Club Solutions Santé Nature

Bonus 1

La météo des pollens sur votre téléphone

Les pollens sont des ennemis invisibles. Difficile donc de savoir s'ils sont là ou pas avant de subir leur présence...

Pas de panique, une start-up toulousaine a mis au point l'application Météo Pollen. Elle permet d'accéder aux prévisions pollen de Météo France, en temps réel, sur trois jours et ville par ville. Cette application mise en place en partenariat avec le Centre européen de météorologie, vous donnera non seulement le niveau de concentration des différents pollens générateurs d'allergies, mais vous renseignera en outre sur la qualité de l'air dans la région que vous aurez choisie. Ce qui vous permettra, si vous faites partie des personnes allergiques, de commencer à vous défendre.

Gratuit sur Google Play et dans l'App Store.

Bonus 2

L'allergie, une question de génétique ?

Si je suis allergique aux pollens, est-ce la faute de mes parents ? Et, question corollaire, est-ce que je risque, moi aussi, de transmettre cette malheureuse prédisposition à mes enfants, petits-enfants, etc. ? Bref, l'allergie est-elle héréditaire ? La réponse est oui et non.

Non, car il n'existe pas de « gène de l'allergie » que l'on se transmettrait tel quel de parents à enfants.

Oui, car on trouve malgré tout, commune aux ascendants et aux descendants, une prédisposition aux allergies, que les spécialistes appellent un « terrain atopique ». De récentes études épidémiologiques ont ainsi montré qu'un enfant dont les deux parents sont allergiques aux pollens avait

60 % de risques de le devenir lui aussi. Un risque qui tombe à 40 % si seul le père ou la mère l'est, et à 15 % si aucun des deux ne présente d'allergie. Cette transmission familiale s'expliquerait par une mutation de certains gènes jouant un rôle dans la régulation des mécanismes immunitaires. Raison de plus, donc, si vous êtes vous-même sujet aux allergies, pour appliquer toutes nos recommandations à vos enfants, dès leur plus jeune âge.

Sources

Journal of Allergy and Clinical Immunology, octobre 2011 (doi : 10.1016/j.jaci.2011.07.048) - (2) Taty, « Qui a peur du grand méchant lait », éd. Aladdin - (3) Macdonale LE et al., Journal of Food Protection, novembre 2011 (doi : 10.4315/0362-028X.JFP-10-269)

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